Résultats et prédictions
de la relativité d'échelle.
Source : site Web de Laurent Nottale
- 2000
adapté du paragraphe 9 de l'article de revue
:
Nottale, L., 1996, Chaos, Solitons and Fractals,
7, 877-938
"Scale Relativity and Fractal Space-Time:
Application to Quantum Physics, Cosmology and Chaotic
systems".
Ces pages de résultats datent de 1996 (article de revue CSF) ou
éventuellement de 1998 (site Web de Laurent Nottale) et elles ne sont
donc pas à jour (incomplètes donc, sans doute).
En conclusion de cette revue,
nous allons pouvoir accomplir un des buts de la présente contribution, qui était
de donner un résumé des divers résultats et prédictions théoriques de la nouvelle
théorie. Puisque les conséquences de la relativité d'échelle couvrent un large
éventail de domaines physiques, ces résultats et prédictions étaient jusqu'à
maintenant dispersés dans différents articles écrits pour des communautés différentes.
Cet article de revue est une bonne occasion de les rassembler (d'une manière
non totalement exhaustive, car certains résultats obtenus récemment sont encore
en préparation), et donc de procurer au lecteur une vision plus large des possibilités
de la théorie.
Remarquons tout d'abord
que les divers résultats d'une théorie peuvent être classés en différents "niveaux":
(i) Il y a les
résultats "conceptuels", c'est à dire les contributions
d'une théorie à la compréhension de faits généraux précédemment malcompris ou
à la résolution de problèmes généraux (par exemple, dans notre cas: compréhension
de l'origine de la nature complexe de la fonction d'onde ; reconciliation de
la physique quantique avec l'approche relativiste).
(ii) Il y a les résultats
numériques, quantitatifs, c.-à.-d. les prédictions théoriques de
quantités déjà mesurées qui n'avaient pas encore d'explication théorique (par
exemple, prédiction de l'échelle de grande unification et de l'échelle électrofaible
en physique des particules; prédiction de la valeur de l'exposant de la fonction
de corrélation galaxie-galaxie en cosmologie).
(iii) Il y a finalement
les prédictions théoriques pures, soit de
nouveaux phénomènes non encore observés, soit de la valeur encore inconnue de
quantités mesurables. Ces prédictions "en aveugle" jouent un rôle
particulierdans la vérification d'une théorie, puisqu'elles sont la clé de sa
"falsifiabilité" (par exemple, notre prédiction de distances préférentielles
pour les nouvelles planètes dans les systèmes extra-solaires récemment découverts,
de la valeur de la constante cosmologique, ou de déviations par rapport à la
mécanique quantique standard aux hautes énergies >>100 GeV).
Notons que certains résultats
peuvent tomber dans deux ou trois de ces catégories, car une prédiction théorique
numérique peut être en accord avec un résultat expérimental déjà mesuré, mais
rester plus précise. La prédiction en aveugle est alors,dans ce cas, seulement
sur les décimales supplémentaires inconnues (exemple: prédiction de la constante
de couplage de l'interaction forte à basse énergie, ou du rapport de masse mz/mw).
Certains progrès conceptuels peuvent aussi avoir une contrepartie numérique
(exemple: la solution du problème de la densité d'énergie du vide qui permet
aussi d'obtenir une estimation de la constant cosmologique).
Passons en revue ces diverses
sortes de conséquences dans le présent cas de la théorie de la relativité d'échelle.
Résultats
conceptuels
- Nature
complexe de la fonction d'onde : conséquence de la non-différentiabilité
de l'espace-temps, qui implique une brisure de la réversibilité temporelle
au niveau de la description élémentaire, donc un dédoublement de la dérivée
par rapport au temps, dont l'utilisation de nombres complexes constitue la
représentation la plus simple. La réversibilité temporelle est retrouvée en
termes du processus complexe global qui combine les dérivées "prograde"
et "rétrograde". La fonction d'onde est l'exponentielle de l'action
complexe.
- Nature
probabiliste de la théorie quantique : conséquence de la non-différentiabilité
et de la nature fractale de l'espace-temps, qui implique l'existence d'une
infinité de géodésiques entre tout couple d'événements.
- Principe
de correspondence : devient une égalité, grâce a fait que l'impulsion
et l'énergie sont eux-mêmes devenus complexes.
- Équations
de Schrödinger, Klein-Gordon : démontrées en tant qu'équations
des géodésiques d'un espace-temps non-différentiable fractal. Les termes quantiques
sont obtenus par l'action de la dérivée covariante-d'échelle, et trouvent
leur origine dans un mélange entre l'effet de la représentation complexe (conséquence
de la non-différentiabilité) et de nouveaux termes de second ordre dans les
équations différentielles (conséquence de la dimension fractale 2 des géodésiques).
- Transition
Quantique/ Classique : inhérente à la description (puisqu'inclue
dans la solution de notre équation différentielle d'échelle la plus simple),
identifiée à la transition du comportement fractal (dépendance d'échelle)
au nonfractal (indépendance d'échelle).
- Divergence
des masses et des charges : résolue par la nouvelle relation
échelle de longueur / échelle de masse en relativité d'échelle restreinte
; la solution est liée à la nouvelle signification physique de l'échelle de
longueur de Planck.
- Nature
de l'échelle de Planck : devient une échelle minimale, indépassable,
invariante sous les dilatations, qui joue pour les lois d'échelle le même
rôle que celui joué par la vitesse de la lumière pour les lois du mouvement
et remplace le point zéro en ce qui concerne son comportement physique.
- Nature
et quantification de la charge électrique : la charge est comprise
comme une quantité conservative qui provient de la nouvelle symétrie d'échelle.
Sa quantification est une conséquence de la limitation sur les rapports de
résolutions impliquée par la nature invariante nouvelle de l'échelle de Planck.
- Origine
de la discrétisation de la masse des particules élémentaires :
nous avons suggéré que les masses des fermions élémentaires étaient d'origine
essentiellement électrodynamique, et que leur discrétisation était une conséquence
du fait que la charge est quantifiée.
- Nature
de la constante cosmologique: inverse du carré d'une échelle
de longueur maximale, indépassable L, invariante sous les dilatations
(qui prennent une nouvelle forme "lorentzienne"); remplace l'échelle
infinie mais garde toutes ses propriétés physiques.
- Problème
de la densité d'énergie du vide : la densité d'énergie est
explicitement dépendante d'échelle, de sorte que la densité d'énergie de Planck
ne s'applique pas aux échelles cosmologiques. La densité d'énergie est calculée
comme densité d'auto-énergie gravitationnelle des fluctuations du vide. On
trouve qu'elle varie en fonction de la résolution comme r-6.
Par conséquent la densité d'énergie quantique et la densité d'énergie cosmologique
(qui se manifeste par l'existence d'une constante cosmologique non nulle)
deviennent compatibles.
- Coïncidence
des grands nombres : expliquée à partir du calcul précédent
de la densité d'auto-énergie et à partir de l'introduction de l'échelle de
longueur maximale invariante L.
- Problèmes
de la théorie du Big-Bang : beaucoup des problèmes rencontrés
par la théorie standard du Big-Bang sont automatiquement résolus dans le nouveau
cadre. Le problème de causalité et d'horizon disparait dès lors que les lois
de dilatation prennent une forme lorentzienne; il n'y a aucun besoin d'une
phase d'inflation, donc aucun besoin d'introduire un champ scalaire arbitraire
pour la déclencher; l'âge de l'univers devient compatible avec celui des amas
globulaires grâce à l'introduction d'une constante cosmologique positive L
= 1/L2; le problème de l'origine des fluctuations de densité
et de la formation et de l'évolution des structures dans l'univers trouve
une solution nouvelle dans le cadre de la théorie gravitationnelle quasi-quantique
qui semble s'imposer à grande échelle. On prédit l'apparition de structures
même pour une densité strictement uniforme, sans nécessité de fluctuations
"initiales".
Résultats
Quantitatifs
- Échelle
de grande unification : devient en relativité d'échelle restreinte
l'échelle de masse de Planck (qui maintenant diffère de l'échelle de longueur
de Planck); donnée par log(lz/lGUT) =
log(lz/LP) / 21/2 ~17 / 21/2
~12. Cette échelle de longueur est 1012 fois plus petite que l'échelle
du boson Z : elle correspond à une échelle d'énergie de 1014
GeV dans le modèle standard non relativiste d'échelle, mais à 1019
GeV en relativité d'échelle restreinte
- Relations
masse-charge : notre interprétation des charges (c.-à-d. des
constantes de couplages des interactions fondamentales) comme valeurs propres
de l'opérateur de dilatation agissant sur les résolutions (autrement dit,
comme quantités conservatives provenant des symétries d'échelle), de l'invariance
de jauge comme invariance d'échelle sur les transformations de résolution,
et de la fonction de jauge "arbitraire" comme "état d'échelle
relatif" lnr(x,y,z,t) maintenant dépendant des coordonnées, conduit
en relativité d'échelle restreinte à des relations masse-charge générales
de la forme a ln(lc/LP) = k/2,
où k est entier, a est une constante de couplage, lc
une échelle de Compton
h/mc, inversement reliée à
une masse m, et LP est l'échelle de longueur de Planck.
- Échelle
électrofaible : donnée par la relation masse / charge a0oo
ln(lEW/LP) = 1, c.-à.-d., lEW
= LP e4p2 =1.397 x 1017
LP ~123 GeV (alors que la valeur attendue pour la
valeur moyenne sur le vide du champ de Higgs est 174 GeV= 123 x 21/2
GeV).
- Échelle
de masse de l'électron : donnée par la relation masse / charge
prédite par notre réinterprétation de l'invariance de jauge dans le cadre
de la relativité d'échelle restreinte:a0e ln(le/LP)
= 1, c.-à.-d., me = mP exp(-3/8ae)
= 1.22 x 1019 GeV x e-51.4 ~0.5 MeV.
- Rapport
de masse des bosons faibles (valeur de l'angle de mélange faible)
: des arguments liés aux nouvelles relations masse-charge suggèrent que
a2 = 2 a1 à l'échelle électrofaible, de
sorte que mW / mZ = (10/13)1/2,
et sin2q = 3/13 à cette échelle.
- Spectre
de masse et de charge des fermions élementaires : obtenu par
un effet de compensation entre "corrections" de relativité d'échelle
restreinte et corrections radiatives. (Toutefois, excepté en ce qui concerne
la masse du muon, il s'agit là seulement d'un modèle, pas d'une théorie totalement
contrainte, car il reste un paramètre libre inconnu dans ce mécanisme de génération).
- Masse
du quark Top : le mécanisme ci-dessus la prédit juste supérieure
à la masse des W/Z, à 150 ± 50 GeV (valeur expérimentale: 174 ± 17 GeV).
- Valeurs
des constantes de couplage à basse énergie : déduites des charges
nues (qui sont finies en relativité d'échelle) et des équations du groupe
de renormalisation pour ces couplages. En se fondant sur la conjecture (justifiable)
que la valeur 1/4p2 est critique pour les constantes de couplage,
on trouve ae = 137.00 ± 0.10 à partir du couplage nu a0oo
= 1/4p2, et a3(mZ) = 0.1155
± 0.0002 à partir de a3(mGUT) = 1/4p2.
- Puissance
de la fonction de corrélation galaxie-galaxie : la valeur observée
g =1.8 à ~1-10 Mpc est expliquée comme effet d'une correction relativiste-d'échelle
à la valeur standard g = 2.
- Structuration
du Système Solaire : la distribution observée de masse, de
moment angulaire, les excentricités et les positions des planètes dans le
Système Solaire sont expliquées par les solutions de notre équation "quanto-gravitationnelle"
pour un potentiel keplerien, (valable aux très grandes échelles temporelles,
au-delà de l'horizon de prédictibilité).
- Quantification
des paires de galaxies : la quantification en termes de 144/n
km/s observée par Tifft et d'autres auteurs pour les différences de vitesses
radiales entre les galaxies d'une paire est aussi prédite par la même approche
(potentiel de Kepler).
- Quantification
globale des redshifts des galaxies : quand elle est appliquée
à une densité uniforme, cette méthode prédit une quantification suivant les
modes de l'oscillateur harmonique 3-dimensionnel isotrope qui rend compte
de la quantification des redshifts "globaux" à 36 km/s (Tifft, Guthrie
et Napier).
Nouvelles
prédictions
- Valeur
précise de la constante de couplage fort : nous prédisons,
comme cité plus haut, a3(mZ) = 0.1155
± 0.0002, plus précis que la valeur expérimentale courante, 0.121 ± 0.007.
- Valeur
précise du rapport de masse des bosons faibles : nous prédisons
sa valeur exacte mW /mZ = (10/13)1/2
(à de petites corrections radiatives près), alors que la masse du W
est actuellement très mal connue (80.2 ± 0.2 GeV).
- Déviations
de la mécanique quantique standard à haute énergie : les "corrections"
relativiste-d'échelle vont rapidement augmenter pour des énergies plus grandes
que ~100 GeV, car elles ne seront plus annulées par l'apparition de nouveaux
fermions élémentaires chargés, comme cela se passe dans le domaine 0.5 MeV
(énergie de l'électron) à 174 GeV (énergie du top). A condition qu'aucune
annulation d'origine électrofaible n'ait lieu au dessus de ~100 GeV, nous
nous attendons à ce que les résultats expérimentaux des collisions de particules
dans les accélérateurs de haute énergie futurs (LHC...) s'écartent de leurs
valeurs calculées à partir de la mécanique quantique standard (c.-à.-d., à
partir de lois relativistes-d'échelle galiléennes). L'écart peut être exprimé,
au premier ordre, en termes d'un rapport constante de Planck effective / masse
variant avec l'échelle.
- Valeur
de la constante cosmologique : on prédit L = 1.36 10-56
cm-2, à partir de la conjecture que la transition fractal-nonfractal
pour la densité d'énergie du vide ait lieu à l'échelle de 70 MeV, qui est
celle du rayon classique de l'électron (ainsi que l'échelle de QCD pour 6
saveurs): cette valeur pourrait résulter de la transition quark-hadron dans
l'univers primordial.
- Nouveaux
corps dans le système solaire : certaines des "orbitales"
prédites par la théorie ne contiennent pas de planètes observées (Mercure
correspond à n=3 dans le système interne), mais pourraient contenir des objets
ou des matériaux qui ont jusqu'à maintenant échappé à la détection: poussières
sur l'orbite n = 1 du système interne à Å0.05 UA (un petit corps serait évaporé
car trop proche du Soleil); n = 7 et 10 , bien que détruites par des résonances
avec Jupiter contiennent des familles d'astéroïdes; petits corps sur n = 2
du système interne, à Å0.18 UA, sur n > 6 du système externe (ceinture
de Kuiper).
- Structure
universelle des systèmes planétaires extra-solaires : nous
prédisons que les systèmes planétaires qui ont toutes chances d'être découverts
dans un futur proche autour d'autres étoiles seront décrits par les mêmes
orbitales que dans notre propre système solaire. En particulier, on s'attend
à la découverte de planètes situées à 0.05 UA (n=1) et 0.18 UA (n=2) autour
d'étoiles de type solaire (Cette prédiction est
maintenant confirmée).
- Structures
de position et de vitesse des étoiles et des associations stellaires dans
notre Galaxie : on prédit que la distribution en vitesse et
en position des étoiles dans la Galaxie ne sera pas aléatoire, mais plutôt
"quantifiée" selon notre équation "Schrödinger-gravitationnelle"
générale. Cela s'applique en particulier aux systèmes d'étoiles multiples,
aux associations et aux zones de formation d'étoiles, etc... Les morphologies
prédites incluent des objets simples, doubles, mais aussi des structures en
chaîne et en trapèze, typiques de telles zones.
- Structuration
de l'univers : de manière similaire, la présente théorie prédit
la formation de structures dans l'univers à toutes les époques selon le groupe
SU(3), qui est le groupe de symétrie de l'oscillateur harmonique 3-dimensionnel.
C'est un exemple de connexion (structurelle) microscopique-macroscopique,
SU(3) étant le groupe de symétrie de la QCD.
- Valeur
de l'exposant de la fonction de corrélation des galaxies à très grande échelle
: en relativité d'échelle restreinte, l'exposant de la fonction de corrélation
galaxie-galaxie n'est plus constant, mais varie avec l'échelle. Alors que
sa valeur est ~ 1.8 à une échelle de ~10 Mpc, nous prédisons qu'elle tombera
à ~1.5 à 100 Mpc, puis décroîtra encore à plus grande échelle. Une détermination
précise de sa variation avec la résolution donnerait une mesure précise de
la constante cosmologique. Cette prédiction est
maintenant confirmée: plusieurs groupes ont trouvé que la puissance
est effectivement plus petite à grande échelle (c.-à.-d., que la dimension
fractale D=3-g est plus grande et devient égale à 2 en moyenne à des
échelles de plusieurs centaines de Mpc).